Maître Éleveur : découvrez l’élevage Gaec les Vignes Rousses
De Iway EX-92 à Vignes Rousses Riska EX-93 (EX-97 MA), en passant par les populaires Liway et Loctway, le Gaec Les Vignes Rousses bénéficiait déjà d’une solide réputation dans l’industrie laitière Française avant d’être décoré du titre de Maitre Eleveur. En Pyrénées-Atlantiques, à 3 associés (Damien Jouanchicot, Jérémy & Jean-Luc Bazaillacq) et avec l’aide d’un salarié, ils gèrent vaches et vignes (8 ha).
La ferme située à 300 m d’altitude existe depuis 1995, grâce au père de Damien. Le climat à l’amplitude thermique marquée force ces passionnés à apporter beaucoup de confort au cheptel : brasseurs, brumisateurs, ouverture des bâtiments l’été, logettes confortables (caoutchouc + paille), brosses, réchauffeur d’eau et tapis sur la totalité des aires d’exercice.
Ateliers lait et génétique
Lorsque l’agenda n’est pas consacré à l’entretien des vignes destinées à la production de Jurançon, véritable or jaune béarnais reconnu au niveau national par une AOC, il l’est à l’or blanc et aux cultures. L’assolement est composé de 115 ha de SAU, avec dans le détail : 55 ha de maïs, 5 ha de culture (orge ou autre), le reste en prairies pour ensilage et enrubanné pour l‘alimentation.
Abordons tout de suite la particularité de l’élevage. La production du million de litres nécessite un suivi régulier, mais ce suivi est encore plus nécessaire sur le volet génétique. Prélèvements d’embryons et transplantations sont monnaie courante. L’élevage effectue une vingtaine de collectes par an. 90% des embryons sont produits sur la ferme ou à la station d’Auriva de Denguin (15 min). Au total, 120 sont produits chaque année. « 10% des meilleurs génisses sont inséminées, les autres reçoivent des embryons. Une fois vêlées, selon les attentes, soit nous les gardons, soit elles partent dans un autre élevage », ajoute Jérémy.
Ce rythme génétique n’exclue pas l’émergence de Grandes Laitières dans le troupeau (11 depuis 2015). On relèvera par exemple Vignes Rousses Hempsey EX-94 en 10e lactation (133 000 kg), ou encore Vignes Rousses Laika Red EX-93 en 7e lactation (107 000 kg), Meilleure Laitière à Paris en 2024. Ici, « on ne trait pas des vaches pour « traire des vaches ». On aime se lever le matin pour traire des belles vaches. Mon grand-père disait souvent : il vaut mieux se perdre dans sa passion que de perdre sa passion. On aime nos animaux. Actuellement, on trait en même temps 5 vaches à plus de 100 000 l de lait : Hempsey, Liligirl, Mitanic, Laway et Laika-Red. » Classé 22ème du Top 100 NG l’an passé, la note moyenne du troupeau pointait à 86,3 points.
Des fléaux invisibles…
Si l’élevage situé sur les coteaux béarnais a subi la vague MHE en 2023, et son impact l’année suivante, comme beaucoup d’autres dans le secteur, le pire souvenir n’est pas là. En 2012, la moitié du troupeau a été abattu pour faire face à un fléau intraitable. « On a attrapé une algue très toxique que personne ne connaissait. Du jour au lendemain on a dû se séparer de 42 vaches », témoigne Jérémy. Il détaille les impacts de cette algue : « On cumulait les mammites, comme des colibacillaires, mais les vaches n’étaient pas « à terre ». Cette infection résistait à tous les antibiotiques possibles. Pire, elle se transmettait par les bouses. A l’époque, on nous avait expliqué qu’un cas similaire avait été détecté en Bretagne quelques années auparavant… mais là, tout le troupeau avait dû être abattu… ».
…et des victoires manifestes !
Investir dans la génétique pour devenir créateur n’est pas toujours gage de succès. Beaucoup ont espéré obtenir un taureau marquant pour la race. Le Gaec des Vignes Rousses en est l’un des heureux propriétaires. Liway Sil est un fils de ABS Silver. Il était indexé pour la première fois en 2016 à 206 pts d’ISU, et possédait un linéaire morphologique particulièrement intéressant (mamelle, membres). Son attrait a permis de commercialiser plus de 200 000 doses, avec un impact important sur les pointages.
Il faut dire que sa lignée maternelle est de très bonne facture. Sa mère Iway (EX92) fille par Meridian, s’affichait fréquemment sur les plus hautes marches. Au département, elle a remporté 3 éditions de suite en 2016, 2017 et 2018. Cette même dernière année, c’est au régional Aquitanima qu’elle s’imposait, avant d’être désignée réserve du Sommet de l’Elevage. Elle fait partie des plus beaux souvenirs de la ferme : « Les premiers championnats à Paris nous ont marqué. J’avais toujours voulu y aller. La première victoire était en 2016 avec le championnat jeune pour Hurikos, mais la plus belle c’était avec Iway en 2017, avec le prix de Réserve Championnat Adulte et de Meilleure Mamelle Adulte. » Alliday, Faliday, Liligirl, Omaya, sont autant de vaches et de familles qui ont également marqué petit à petit le parcours de l’élevage.
En RED aussi, le Gaec des Vignes Rouges a sorti quelques noms. Côté mâles, on retiendra par exemple Naika Red ou encore Rosso Red, respectivement fils et petit-fils de Laika-Red (EX93). La meilleure laitière de Paris 2024, pouvait se targuer sur cette même édition de s’afficher avec sa petite-fille, Riska (en noir), couronnée de succès en championnat jeune, laquelle quelque mois plus tôt était sacrée championne Suprême à Clermont-Ferrand. En 2025, RISKA refaisait parler d’elle à Paris avec le prix de Meilleure Mamelle Adulte. Puis 3 mois plus tard, à Aquitanima, elle confirmait la renommée du troupeau pour la qualité des systèmes mammaires, en décrochant le prix de réserve Grande Championne et de meilleur pis adulte.
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