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Compte-rendu de l’Assemblée Générale du syndicat 56

Le jeudi 23 mars, les éleveurs adhérents à Prim’Holstein 56 étaient conviés à Muzillac pour l’Assemblée Générale de l’Association.

Assemblée statutaire

Plus de 80 personnes ont fait le déplacement pour aborder notamment le thème : « Face à la volatilité des prix, quelles diversifications vers la production d’énergie ? ».

AG PH 56 ARZAL 0271

Dans un premier temps, un vibrant hommage a été rendu à Pierre-Yves Boléis (Gaec Dairy Breizh) éleveur de Grandchamp qui nous a quitté précipitamment quelques jours plus tôt… Le vice-président de PH56 Bruno le Blevec a insisté sur le rôle important des acteurs de l’élevage : parler-écouter-signaler ; une vie tient à peu de choses.

Ensuite, le secrétaire : Gilles Péresse, est revenu sur les évènements marquants de l’année 2016. Année riche en succès pour le Morbihan !

CGA 2016 :
8 éleveurs présents avec 9 vaches un record de participation pour le département : Gaec Dano, Earl de l’Orangerie, Patrick Rabin, Scl Monneraye, Gaec du Bon Vent, Gaec Dairy Breizh, Gaec de l’Avenir, Earl de Borborin.
Le Morbihan présent sur les podiums avec :
– 1er prix pour Euro au Gaec Dano ;
– 2ème prix pour Hevared de l’orangerie à l’Earl de l’Orangerie ;
– 3ème prix pour Héline à Patrick Rabin ;
– 3ème prix pour Fleur à la SCL Monneraye.

Régional Bretagne 2016 Agrideiz à Quimper :
228 vaches bretonnes en compétition, dont 33 animaux pour le Morbihan pour 15 élevages.
Championne Jeune et Réserve Grande Championne avec Héline appartenant à Patrick Rabin. Deux 1er prix, quatre 2ème prix, quatre 3ème prix et la deuxième place pour le lot d’ensemble !

Héline, Régional Bretagne 2016

Héline, Régional Bretagne 2016

Assemblée générale 2016, avec comme invitée la présidente de l’European Dairy Farmer : Katrin Lecornu, intervention placée sous le thème : l’herbe est-elle plus verte ailleurs en Europe ? Ensuite, l’Earl de L’Orangerie, chez Beatrice et Arnaud Etienne, ouvrait ses portes aux participants. Avec l’aide de BZH56, les meilleurs sujets de l’élevage étaient présentés. Merci pour leur accueil.

EJFE 2016 :
10ème édition marquée par la sélection des meilleurs jeunes pour représenter la France à l’Européen de Colmar en parallèle de l’école traditionnelle. Un bel évènement qui n’aurait pas lieu sans la mise à disposition des génisses par les éleveurs du département. Edition marquée par la victoire du morbihannais : Yann Oliviero.

Yann Oliviéro, EFJE 2016

Yann Oliviéro, EFJE 2016

Colmar 2016 :
Organisation du voyage annuel pour lequel 15 éleveurs ont participé, visite de l’élevage Wilt et du Gaec Wittelsheim et bien entendu le concours. Couronnement de la magnifique vache noire Héline à Patrick et Clément Rabin de Carentoir : Championne intermédiaire et meilleure mamelle de classe.

Héline, Colmar 2016

Héline, Colmar 2016

Space 2016 : Une édition magique pour le Morbihan.
4 premier prix, 4 deuxième prix, 2 troisième prix, réserve championne espoir pour Jodie à Nicolas et André Oliviéro, meilleure mamelle jeune pour Hawaï au Gaec Er Lenn, le lot interdépartemental et pour clôturer la Grande Championne : Chouette de chez Gwenn Holstein à Pluvigner. Félicitations à toute l’équipe.

Chouette, Space 2016

Chouette, Space 2016

Départemental Ohh la vache.
Belle participation, excellent jugement : Giuseppe Beltramino assisté d’Anne Merdrignac.
De retour du Space, Chouette appartenant à Gwen holstein : Grande championne.

Le Régional Génisses (90 animaux) et le concours de meilleur jeune présentateur organisé par l’association BZH56 (55 participants bretons) ont contribué à la réussite de ce chaleureux week-end.

Commande de doses 2016 : Nouvelle initiative de PH56 réussie, puisque 1100 doses ont été commandées, et de nouveaux élevages ont adhéré à l’association via cette action. A reconduire en 2017.

Magazine PH56, l’incontournable magazine du département principalement rédigé par Jean-Luc Cucheval (merci pour son investissement) qui regroupe les évènements de la race et les palmarès par élevage. Blousons PH56, toujours disponibles à la vente et merci au sponsor, Sucess Nutrition, pour son élaboration.

Ensuite, le trésorier PH56 René Le Fur a présenté les comptes et le président Jean-François Guillaume a donné son rapport d’orientation, qui malheureusement a peu évolué depuis l’année précédente : contexte toujours tendu. Cependant, il a souligné le dynamisme du département et la qualité de son cheptel.

En 2ème partie de matinée, Mme Briand déléguée GDS est intervenue sur le dossier indemnisation vaches à haut potentiel.

Puis les techniciens Prim’Holstein France du Morbihan : Caroline Marsaud et Michel Lancien ont exposé le bilan génétique du Morbihan en comparaison avec la moyenne nationale. Les palmarès TOP100 ont été détaillés, mettant en avant le travail accompli de nombreux élevages morbihannais parfois peu connus (NG, lait, TP, cellules, repro). Enfin, les vaches ayant franchi les 100 000 kg produits en 2016 ont été présentées.

Présentation de l’élevage visité l’après-midi

Avant le repas, les associés du Gaec des moulins de Kerolet ont présenté leur structure avant de la découvrir l’après-midi.

  • Gaec à 3 associés, Bruno et Erwan CALLE, et Ludovic JARLIGANT à Arzal (56) ;
  • 2 salariés et un apprenti ;
  • 1,7 millions de litres de lait, 3 robots, pointage : 81,3 points ;
  • 200 ha ;
  • 1600 m² de panneaux photovoltaïques depuis 2009 ;
  • 350 kW de méthanisation depuis 2013 ;
  • Séchage plaquettes bois et fourrage grâce à la chaleur produite.

La dynamique présentation de l’entreprise a permis de donner des idées et des perspectives pour les éleveurs présents dans la salle. Pour reprendre quelques termes de ces chefs d’entreprise :

« Vous avez de l’or dans vos fosses ! De la vache au champ il vous manque une valeur ! »
« Ne laissez pas vos toits nus, ils sont une source de revenu, coûtant zéro temps !»
« Travaillez avec des partenaires aguerris, non pas des opportunistes »
« Si ça marche chez nous, ça doit aussi être transposable ailleurs »

Après cette mise en bouche, il était temps de partager le repas convivial avant de découvrir l’élevage.

Visite du Gaec des moulins de Kerolet

L’après-midi s’est poursuivie par la visite du GAEC des Moulins de Kerolet en trois ateliers : l’atelier laitier, la méthanisation et le photovoltaïque.

ATELIER LAIT

Depuis un mois, le GAEC procède à l’essai d’un prototype de robot d’alimentation de la marque LUCAS.
Le plafond trop bas de la table d’alimentation ne permet pas le passage de l’autochargeuse. C’est pourquoi le robot d’alimentation semble être la bonne solution.

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Ce prototype est composé d’une mélangeuse fixe à pâles de 15 mètres cubes dans laquelle se fait la ration qui est distribuée par le robot de 3 mètres cubes une quinzaine de fois dans la journée.
Le robot est équipé de 2 trémies capables de distribuer de façon très précise, des compléments alimentaires.
Ce système est totalement modulable et adaptable en fonction de l’évolution future d’un élevage puisque le mélange est réalisé par la mélangeuse fixe.

Les vaches en lait sont séparées en deux lots :

  • un lot de 110 vaches en début de lactation sur 2 robots ;
  • un lot de 70 vaches en fin de lactation, sur 1 robot, avec une ration “low cost” et le concentré distribué entièrement par le robot.

L’étable est équipée d’un système d’hydro-curage avec séparation des phases liquides et solides.

Les robots sont pourvus de systèmes de lavage des membres avec parfois désinfection (quand cela est nécessaire). Ce système de lavage et de désinfection permet de maitriser les dermatites.

Le troupeau a une moyenne d’étable de 8500 kg de lait avec surtout un objectif technico-économique.

Erwan Calle axe la sélection génétique de son troupeau sur les membres, des trayons arrière pas trop courts, au centre des quartiers, et sur la vitesse de traite.

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Depuis 2 ans, les différents projets ainsi que l’augmentation du cheptel (peu de sélection parmi les vaches et achat de génisses car plus de lait à produire) ont conduit à un ralentissement du progrès génétique.
Dorénavant, Erwan souhaite remettre l’accent sur le progrès génétique par la recherche d’une vache économique et adaptée au système de production (logette, robot, etc…).

Un demi kilo de paille et de la farine de bois sont utilisés dans les logettes en guise d’asséchant.

Les vaches laitières ne sortent plus de l’étable. Malgré cela, Erwan trouve indispensable de sortir les génisses en pâture et ceci dès leur première année.

METHANISATION

Le système est composé de 3 fosses étanches (grâce aux bâches) appelées digesteurs.

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Le principe de la méthanisation est un processus de dégradation de la matière organique par des bactéries méthanogènes qui nécessite 3 conditions :

  • une fermentation anaérobie (à l’abri de l’air) ce qui explique les fosses étanches ;
  • une température constante de 38 – 40 °C ;
  • un PH basique. En dessous de 7 un digesteur peut partir en acidose.

A l’entrée des digesteurs une trémie prépare un mélange composé de matières solides et de la phase liquide issue de l’hydrocurage.

Le mélange est composé en moyenne de :

  • 65% de fumiers et lisiers frais (moins de 72 heures). En effet, un fumier qui a déjà chauffé a perdu une partie de son potentiel de méthane dans l’atmosphère.
  • 10% de refus d’alimentation ou de refus de pâturage,
  • 10% de CIVE (couverts intermédiaires à vocation énergétique). Une partie de ces couverts sont ensilés pour servir de stock de fourrages pour les génisses en cas de mauvaise année climatique. S’ils ne sont pas utilisés, ils vont au méthaniseur.
  • 15% de produits extérieurs.
    Cela peut être par exemple du marc de pommes, des corps gras (huile) ou des produits inutilisables issus des laiteries (accidents de process, lait acide ou antibiotique).

Ces produits sont le “concentré” des digesteurs, car ils possèdent un fort pouvoir méthaniseur. Par contre, utilisés en trop grande quantité ils font chuter le PH et stoppent la fermentation (c’est le même principe que l’acidose).
Parmi ces produits extérieurs, on peut également trouver des fumiers apportés par quelques voisins.

Malgré ces apports extérieurs, Bruno Callé précise qu’un éleveur laitier peut être tout à fait autonome pour entretenir un méthaniseur avec seulement les produits issus de l’exploitation.

Il est par contre indispensable que les VL ne sortent plus pour avoir le même apport de fumiers et lisiers toute l’année.

Deux moteurs de 360 kW fonctionnant uniquement au bio gaz produisent de l’électricité qui est vendue à EDF.

La chaleur issue du refroidissement du moteur est réutilisée à la fois au maintien de la température des digesteurs et au séchage de bois ou de fourrages.

Après un essai de séchage en trémie qui s’est révélé peu intéressant, les associés ont créé, depuis un an, un système de séchage à plat plus efficace et polyvalent. Il permet de sécher des plaquettes de bois qui sont revendues pour des chaudières industrielles ainsi que de l’herbe, du trèfle ou du maïs épis.

Ce recyclage de la chaleur permet l’optimisation maximale de l’énergie résiduelle engendrée par l’installation.

Le digestat issu de la dégradation des matières organiques est épandu sur les terres agricoles. Il a l’avantage de garder le même pouvoir fertilisant que les fumiers et lisiers qui sont à son origine. Il est dépourvu d’odeurs et à le pouvoir de remonter le PH des terres.
Grâce au disgestat, le GAEC n’achète plus d’ammonitrate.

Le méthaniseur nécessite un 1/2 temps plein en comptant les fauches, les épandages, la gestion des problèmes et la surveillance du système.

Bruno précise que le temps d’amortissement est de 8 ans pour l’installation de méthanisation. Au delà des 8 ans, le rapport est au maximum. En attendant la méthanisation permet baisser le coût de production de l’atelier lait grâce à la baisse des intrants (zéro achats d’engrais et de minéral) et une meilleure valorisation des fourrages.

En effet tous les fourrages, même de mauvaise qualité ont une valeur :

  • les meilleurs fourrages sont valorisés par les vaches ;
  • les moins bons, par le méthaniseur.

Le principal obstacle rencontré par les associés est l’acceptation sociale des riverains pour deux raisons :

  • la crainte engendrée par le bio-gaz. Bio ça va, c’est par contre le mot gaz qui suscite l’inquiétude. A ce sujet, il faut surtout communiquer car au final il y a très peu de gaz présent au même moment dans l’exploitation (l’équivalent de quelques bonbonnes de gaz domestique) puisque qu’il est brulé continuellement par les moteurs. Dans un quartier résidentiel, il y a souvent bien plus de gaz si on regroupe toutes les bombonnes présentes dans les maisons.
  • un problème d’accès. En effet l’accès au GAEC passe par un lotissement et les riverains se plaignent du trafic de camions (livraison et enlèvement du bois de séchage) et d’engins agricoles.

Une solution est envisagée en créant un autre accès traversant uniquement des parcelles agricoles.

PHOTOVOLTAÏQUE

Ce sont 1600 m² de panneaux photovoltaïques qui ornent les toitures de différents bâtiments de l’exploitation.

Le nettoyage des panneaux est réalisé une fois par an par une société.

Le prix de rachat de l’électricité est garanti pendant 20 ans par EDF. Les panneaux sont amortis au bout de 9 ans.

Le rapport est de 10 000 euros par an au bout de 9 ans.

 

Les techniciens PHF du Morbihan

Michel Lancien Caroline Marsaud
LANCIEN MARSAUD
l'expertise au profit de votre levage