Maître Éleveur : découvrez l’élevage de Le Boulc’h Gaël EI !

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Cet été à travers des formats courts, nous mettions à l’honneur sur nos réseaux sociaux les Maîtres Éleveurs 2023 et 2024. Désormais, découvrez des articles détaillés consacrés à ces élevages d’excellence : organisation de l’exploitation, philosophie, stratégie d’élevage… et bien plus encore !

Aujourd’hui, nous vous emmenons dans les Côtes-d’Armor, à la rencontre de Gaël Le Boulc’h !

À Glomel dans le Sud-Ouest des Côtes-d’Armor (22), Gaël Le Boulc’h élève seul 55 Prim’holstein sur 100 ha.
L’exploitation agricole voit le jour en 1976 avec la création du Gaec entre Jean-François et son frère Bernard Le Boulc’h.

En 1997, Gaël Le Boulc’h rejoint la structure familiale aux côtés de son père et de son oncle. Deux ans plus tard, le décès de Bernard (père de Gaël) survient en pleine phase de mise aux normes, et son épouse, Marie-Christine, prend le relais aux côtés de Jean-François. Celui-ci part à la retraite en 2001, suivi par Marie-Christine en 2015. Depuis, l’exploitation est dirigée par Gaël Le Boulc’h, qui a su développer pas à pas un élevage performant et durable. La ferme produit environ 600 000 litres de lait par an grâce à un troupeau de vaches puissantes et bien conformées, issues d’une sélection génétique rigoureuse.

Cette année, le troupeau affiche un pointage moyen de 83,8 pts. La production annuelle atteint les 9789 kg de lait par vache, avec un âge moyen au 1er vêlage à 28 mois.

Présentation de l’exploitation

Superficie totale : 100 ha de SAU

  • 31 ha maïs
  • 13 ha blé
  • 55 ha herbe soit pour la fauche soit pour pâturage

Équipement

  • Équipement en salle de traite : 2×6 en épi
  • Aire paillée
  • Désileuse et un tracteur (renouvelé en 2024)
  • Travaux agricoles externalisés

Le cheptel / le troupeau

  • 100% Prim’holstein
  • Nombre de vaches laitières : 55VL + 5 taries
  • Nombre de génisses élevées chaque année : une trentaine. Une dizaine sert pour le renouvellement du cheptel
  • Âge moyen au premier vêlage : 28 mois
  • Production laitière annuelle : 600 000 litres
  • Vaches qui ont marqué le troupeau : Isaline – EX 90, 7e lactation – vache souche : Mohle

Les génisses sont sevrées à 9 semaines après une alimentation à base de poudre de lait. Elles reçoivent ensuite, jusqu’à 8-10 mois, une ration sèche (aliment du commerce + paille), avant de passer au maïs, paille ou foin.

Les vaches laitières bénéficient en hiver du maïs en ration complète avec enrubannage, supplémenté en amidon et matières grasses, plus 5 kg de correcteur. Au printemps, elles ont 7-8 kg de maïs matière sèche à volonté, avec la même supplémentation mais seulement 3 kg de correcteur.

Philosophie et vision du métier

Les choix professionnels de Gaël Le Boulc’h sont étroitement liés à son parcours personnel. Son père, qui lui avait transmis la passion de la race et de la génétique, est décédé peu de temps après son installation. Alors qu’il comptait encore sur son soutien et sa transmission, il a dû reprendre l’exploitation.

Dans cette étape décisive, il a pu s’appuyer sur Francis Derrien, ancien technicien chez PHF, qui l’a aidé à poser les bases génétiques de son troupeau. À son départ en retraite, le relais a été assuré par Caroline Marsaud, dont l’accompagnement a également contribué à la construction du cheptel actuel.

Aujourd’hui, Gaël Le Boulc’h s’attache à maintenir un niveau de production constant autour des 10 000 kg / vache / an, un équilibre qu’il juge adapté et durable. Attaché au respect du bien-être animal, il tient également à offrir à ses vaches la possibilité de sortir le plus souvent possible, sauf durant l’hiver. « Cela nous pousse à rester attentifs à nos pratiques au quotidien. Il est essentiel de veiller au confort des animaux, tout en gardant une approche réaliste et adaptée à l’exploitation », souligne-t-il.

Pour lui, l’élevage exige avant tout une grande capacité d’adaptation. Il faut être prêt à faire face aux différents défis comme aux opportunités : « il est essentiel que les jeunes prennent le temps de bien réfléchir et de construire leur projet, en anticipant les difficultés et en s’y préparant du mieux possible », conseille-t-il.

Stratégie d’élevage

Côté taureaux, Gaël Le Boulc’h oriente ses choix sur la morphologie avec des reproducteurs capables d’apporter largeur et puissance, tout en maintenant un niveau de production d’environ 500 kg. Actuellement, il rencontre toutefois des difficultés à trouver des taureaux correspondant à ses attentes : « l’offre des unités de sélection françaises tend désormais à privilégier des profils adaptés aux problématiques de traite robotisée et de logement en logettes », explique-t-il.

En parallèle, du côté des vaches, l’ensemble du troupeau est génotypé, ce qui lui permet de mieux cibler ses stratégies de reproduction. « Grâce à l’utilisation de semences sexées, je peux assurer le renouvellement de mon troupeau avec peu de femelles. Cela m’a permis d’adopter une stratégie de croisement industriel, qui occupe désormais une place importante », ajoute Gaël Le Boulc’h.

Fiertés et défis

Le plus grand défi de la carrière de Gaël Le Boulc’h aura été de reprendre l’exploitation après le décès brutal de son père. Sans réelle expérience, il a dû assumer la responsabilité de poursuivre l’activité et d’assurer la continuité de l’élevage. « Avec le recul, je ferais sûrement certaines choses différemment, mais je suis fier et heureux d’avoir tenu bon et d’être reconnu grâce au prix Maître Éleveur », confie-t-il.

Aujourd’hui, ce qui compte avant tout pour lui, c’est de continuer à travailler avec de belles vaches. En témoigne Hôtesse EX-92 (ACME RF x Baxter), qui a franchi le cap symbolique des 100 000 litres de production . Une grande fierté pour l’éleveur.