Bilan des Inséminations Artificielles en race Prim’holstein

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L’Institut de l’Élevage (IDELE) vient de publier son bilan annuel sur les statistiques des inséminations artificielles (IA) réalisées sur la population bovine laitière pour la campagne d’octobre 2024 à septembre 2025.

À l’échelle nationale, 89 % des inséminations totales sont réalisées sur les femelles laitières. Si le nombre d’inséminations premières (IAP) poursuit son léger déclin (-0,5 % en un an et -6,5 % en 5 ans), le volume total d’IA (IAT) enregistre une légère hausse (+0,6 % en un an), en lien avec les résultats de fertilité de la campagne.

Voici l’analyse détaillée des résultats de la Prim’holstein pour la campagne 2025.

Une diminution des IAP à long terme qui s’atténue

La race Prim’holstein enregistre 1 933 950 IAP au cours de la campagne 2025 : elle représente à elle seule 65,8 % de l’ensemble des IAP réalisées sur femelles laitières en France (2 939 190 IAP). Pour comparaison, les femelles Montbéliardes totalisent 17 % des IAP et les Normandes 6,6 %. Les taureaux Prim’holstein, quant à eux, totalisent 1 657 822 IAP laitières, soit 70 % des IAP réalisées avec des taureaux, toutes races laitières confondues.

Depuis 2015, l’évolution du nombre d’IAP tend à diminuer et ce, quelque soit la race laitière considérée, exception faite de la Jersiaise (+150 % d’IAP sur cette même période). Pour la Prim’holstein, le nombre d’IAP a diminué de 11,7 % en 10 ans. À titre de comparaison, pour la Montbéliarde et la Normande, la diminution sur 10 ans est de 15,2 % et 36,0 %, respectivement. Cependant, ce recul s’est fortement ralenti ces dernières années. Ainsi, la baisse cumulée du nombre d’IAP sur les trois dernières années n’est plus que de 1,26 % pour la Prim’holstein (et de 2,3 % et 8,23 % pour la Montbéliarde et la Normande, respectivement).

Taux de Non-Retour 90 jours (TNR90)

Les chiffres ci-dessous concernent uniquement les IAP en semence conventionnelle (les semences sexées étant exclues).

RaceVL (%)Génisses (%)Total (%)
Prim’holstein53,569,356,3
Montbéliarde63,571,665,1
Normande57,870,060,5
Jersiaise66,673,067,6
Moyenne Nationale56,270,058,8

En 2025, le TNR90 pour la Prim’holstein s’établit à 56,3 % (Tableau 1). Par rapport à 2024, le TNR90 de la Prim’holstein a perdu 0,7 % (ce qui est du même niveau de perte que la Montbéliarde, tandis que le TNR90 la Normande a chuté de 1,2 %). Par rapport à la moyenne 2020-2024, la baisse pour la Prim’holstein est de -1,6 %, contre -1,7 % pour la Montbéliarde et -2,3 % pour la Normande. Une diminution du TNR90 implique un retour en chaleur de la vache entre les 18 et 90 jours suivants l’acte d’insémination. Une explication possible peut être une augmentation de la mortalité embryonnaire au cours de l’année 2025, ce que vient conforter le résultat ci-après.

Les génisses Prim’holstein présentent un TNR90 équivalent aux races Montbéliarde et Normande, tandis que celui des vaches laitières est plus faible. Ce résultat est expliqué par la corrélation négative entre la production laitière et la fertilité. En effet sur 2025, la Prim’holstein a produit 2300 et 2800 kg de plus que la Montbéliarde et la Normande, respectivement, lui permettant de franchir la barre mythique des 10 000 kg de lait de moyenne.

Concernant les semences sexées en 2025, il n’y a qu’un point d’écart entre le TNR90 de la Prim’holstein (58,4 %) et la Montbéliarde (59,6 %) et 1,5 points avec la Normande (59,9 %).

Moins d’IAP mais plus d’IAT en 2025 : pourquoi ?

Ce décalage entre IAP et IAT démontre les difficultés de reproduction rencontrées durant l’année.

La dégradation du TNR en juin-juillet (et donc l’augmentation des IAT) peut s’expliquer par deux effets différents : le climat estival, toujours moins propice à une réussite en 1ère IA et l’émergence des maladies vectorielles, telles que la FCO (Fièvre Catarrhale Ovine) ou la MHE (Maladie Hémorragique Epizootique), qui induisent une baisse de la fertilité, des mortalités embryonnaires et un retour en chaleur. Pour le climat, le projet CaiCalor a ainsi démontré que la fertilité des vaches se dégradait dès que le THI (index Température-Humidité) moyen sur une journée dépassait 60, soit 18 °C. Les résultats montrent même une baisse du taux de conception de 8 points pour la Prim’holstein pour un THI moyen sur la journée de 70 (i.e., une température d’environ 25°C sous nos latitudes).

La consanguinité au sein des races laitières peut aussi avoir un impact sur la fertilité. En effet, un niveau élevé accroit le risque de faire émerger des anomalies génétiques pouvant être délétères. En Prim’holstein, une nouvelle anomalie vient ainsi d’être détectée, la RRC, dont l’origine remonte au taureau Mogul.

IAP en race pure ou croisement ?

Sur les 1 933 950 IAP pratiquées sur des femelles Prim’holstein, 81 % sont réalisées en race pure, 18 % en croisement viande et 1 % en croisement lait. Elle se situe ainsi au-dessus de la moyenne nationale pour les IAP en race pure (74 %), de la Montbéliarde (69 %) et de la Jersiaise (68 %), mais reste inférieure à la Normande, avec 86 % d’IAP en race pure.

Les génisses sont quasiment systématiquement inséminées en race pure (89 %) avec pour objectif d’assurer le renouvellement dans le troupeau en améliorant la génétique de ce dernier, puisque c’est la nouvelle génération qui apporte principalement le progrès génétique. Le croisement viande est ainsi majoritairement utilisé sur les vaches adultes, pour qu’elles puissent continuer à produire et donc exprimer leur potentiel génétique. En 10 ans, le nombre d’IA en croisement viande sur femelles laitières a doublé, atteignant un quart des IAT en 2025.

Conclusion

La campagne 2025 confirme un début de stabilisation du nombre d’IAP pour les Prim’holstein. Grâce au pilotage précis entre renouvellement et valorisation des veaux bouchers, la Prim’holstein apporte une souplesse de travail qui est nécessaire aux exploitations d’aujourd’hui. Si la génétique continue d’être un levier nécessaire pour améliorer la fertilité du cheptel, les baisses de performances estivales soulignent une réalité nouvelle : demain, piloter la reproduction passera aussi par la maîtrise du stress thermique en élevage.