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L’importance de la génétique dans la fertilité

Dans ce dernier article sur la fertilité de la Prim’Holstein, nous allons aborder la fertilité au travers de la génétique, notamment via l’index fertilité apparut en 2001 et modifié en 2007. Pour ce dernier point, nous nous appuierons toujours sur les chiffres de l’étude de l’IDELE publiée fin 2014.

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crédit photo : BOUTIN Aude

 

Prise en compte de la fertilité dans la formule de l’Isu

Le constat de la dégradation de la fertilité en race Prim’Holstein a été effectué à partir des années 1990 aux USA. Cette baisse de la fertilité est en partie le résultat d’une sélection trop intensive sur les données de production laitière (INEL) au détriment de la fertilité des animaux.

Réponse à la sélection des 10%
meilleurs taureaux Holstein
ISU 2000 INEL 32
FERT -2,0
ISU 2001 INEL 27
FERT +0,5
Source : INRA “Gestion de la fertilité des bovins laitiers” 15 janvier 2008

En France, le choix d’intégrer une composante fertilité dans le calcul de la formule de l’Isu a été appliqué dès l’indexation de Juin 2001. Ce nouvel index est arrivé à point nommé, car comme en illustre le tableau ci-contre, nous suivions le même chemin que nos homologues d’outre-Atlantique. En effet, avec la formule de l’Isu avant 2001[1], l’INEL avait un poids important et la composante fertilité en était absente. Aussi, les taureaux souvent retenus pour une IA possédaient un index fertilité fortement négatif. Après l’intégration de l’index fertilité dans la nouvelle formule de l’Isu[2] (soit après juin 2001), l’INEL des 10% meilleurs taureaux se voit légèrement diminuée mais surtout l’index fertilité de ce lot de taureaux a augmenté de 2,5 points.

 

Index fertilité et taux de réussite des IAT

Sur le graphique suivant, on constate qu’entre 1999 et 2002 l’index fertilité calculé des primipares de race Prim’Holstein diminue chaque année. De plus, la nouvelle formule d’Isu étant entrée en application en juin 2001, les effets génétiques sont visibles à partir de 2003: arrêt de la diminution de l’index fertilité calculé, suivi d’une stagnation autour de 0,0 point jusqu’en 2008.

Passons de la génétique au terrain. La stagnation de la valeur de l’index fertilité calculé peut se traduire avec l’observation du taux de réussite des IAT. Sur le graphique, conjointement au maintien d’une valeur de l’index fertilité (autour de 0,0 point), on note entre 2001 et 2004 une stagnation du taux de réussite des IAT, suivie d’une augmentation de ce dernier à partir de 2004 jusqu’au terme de la période étudiée.

 Graphiques-étude-fertilité3-01

Analyse de l’index fertilité

Les trois composantes entrant dans la formule de l’index fertilité sont la fertilité des vaches (FERT. V), la fertilité des génisses (FERT. G) et l’intervalle vêlage-IA1 (IVIA1).

Sur le graphique ci-dessous, on peut constater que les index de fertilité des vaches et des génisses Prim’Holstein ne cessent d’augmenter depuis 2002 et 2000 respectivement. En revanche, la 3ème composante avec l’index IVIA1 ne cesse de diminuer depuis 1999. Ce résultat est en adéquation avec les constats effectués dans le précédent article, où l’on a montré une augmentation de l’IVIA1 depuis 1999 en race Prim’Holstein due conjointement au gain de production laitière (+1831 kg de lait brut entre 1999 et 2012) et à un report de l’IAP.

Graphiques-étude-fertilité3-02

En conclusion de ces articles basés sur l’étude de l’IDELE de fin 2014, il semble que les éleveurs de Prim’Holstein apportent un intérêt certain à la fertilité de leur troupeau. La génétique, à travers l’index fertilité, a permis une amélioration de la fertilité des Prim’Holstein. Amélioration, qui ne s’est pas effectuée et ne s’effectue pas au détriment d’une production laitière digne de la Prim’Holstein.

 

[1] ISU2000 = 0,65 INEL + 0,30 Conformation + 0,05 VT

[2] ISU2001 = 0,50 INEL + 0,125 Conformation + 0,125 LGF + 0,125 Cellules + 0,125 Fertilité

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